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24/07/2012

Guaino:Pour lui la valeur travail ça compte…ça douille!

Guaino:Pour lui la valeur travail ça compte…ça douille!

En décembre 2009, le Canard enchaîné évaluait le salaire annuel du conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino à 290 368,93 € : 132 856,93 € en tant que conseiller maître de la Cour des comptes, plus “une indemnité de sujétion particulière”

Henri Guaino serait-il républicain par intermittence?

Jeudi 3 Décembre 2009

Philippe Bilger a été juge d’Instruction et avocat général. Il est actuellement magistrat...

Le Canard Enchaîné a dévoilé les revenus d'Henri Guaino. Jusque-là, rien d'étonnant. Mais au lieu de justifier cette somme rondelette, le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy a dénigré ce travail d'information du public. Philippe Bilger n'est pas tout à fait d'accord.

guaino france inter salaire.jpg

http://www.dailymotion.com/video/xbcl88_france-inter-henr...

Le hasard fait bien ou mal les choses, c’est selon.

Je pensais à un billet sur Ionesco quand j’ai lu dans Le Canard enchaîné qu’Henri Guaino percevait au total dans l’année, en arrondissant, 290 368 euros : 132 857 euros en qualité de conseiller maître à la Cour des comptes plus une indemnité, pour « sujétions particulières », de 157 512 euros. J’en conclus immédiatement qu’il a beaucoup de chance et que les servitudes paraît-il indiscutables du service de l’Etat sont très généreusement compensées. Cela aurait pu s’arrêter là. Il ne sera ni le premier ni le dernier dont cet hebdomadaire révélera le traitement et, s’il est peut-être une victime médiatique, il n’est tout de même pas un infortuné social ni un martyr de la politique.

Pourquoi donc, répondant à une question sur France Inter, a-t-il éprouvé le besoin de répliquer en dénonçant « une transparence totalitaire et mesquine » ? Il est évident que l’emploi de tels adjectifs jette de la polémique sur une information qui, connue, aurait pu sombrer dans l’indifférence ou agiter, sans davantage de conséquence, le for intérieur de beaucoup de citoyens.

Henri Guaino n’est pas n’importe qui. Il participe, comme invité principal, voire exclusif, à beaucoup d’émissions et débats. Il ne doute guère de lui en mettant volontiers en avant ses origines modestes et ses fibres républicaines pour emporter l’adhésion. Au point qu’à C politique, il y a quelques semaines, il a bien dû utiliser une trentaine de fois l’adjectif « républicain ». La transparence, le besoin de clarté ne lui sont pas non plus complètement étrangers puisqu’ils lui servent souvent d’argumentation pour défendre ou promouvoir une mesure. Nous sommes donc en présence, avec lui, d’une personnalité qui vante volontiers  la transparence et est sensible à la République. Elle nous autorise même, quand on l’écoute bien, à associer ces deux concepts.

Pourquoi, soudain, cette transparence est-elle vouée aux gémonies parce qu’elle serait d’abord, pour le montant de son traitement annuel, « totalitaire » ? Je ne vois pas en quoi s’intéresser à la vie professionnelle - et comment ne pas considérer que ce qui est annoncé en fait partie ? - d’un « conseiller spécial » du président de la République, ne faisant pas, par ailleurs, dans la discrétion, représente une démarche inadmissible, une emprise étouffante, dans une démocratie. Ce qui serait indécent au contraire, c’est qu’une République, dont les médias sont des acteurs essentiels (qu’on les loue ou non), se prive d’un tel contrôle et occulte ce type de données. Nous avons le droit d’être des empêcheurs de gagner en rond. Henri Guaino devrait être flatté de constater que ses invocations républicaines ne demeurent pas théoriques mais s’appliquent aussi à son statut d’homme public.

Cette transparence serait pire encore : mesquine de surcroît. Il faut donc que le problème soit sérieux et la cause grave pour que soit lâchée avec une telle facilité de langage cette appréciation péjorative qui donne des médias et de nous-mêmes en définitive une piètre image. Nous serions mesquins, incurablement mesquins. Avec nos modestes ou substantiels traitements, nous ferions preuve de petitesse en évoquant celui d’Henri Guaino. J’avoue que je ne comprends pas comment une intelligence parfois discutée mais réelle ose s’aventurer dans de telles contorsions pour dénier une évidence : il n’est pas mesquin mais normal d’attacher de l’intérêt à cette précision purement quantitative. Pour ma part, je ne m’offenserais pas de la « mesquinerie » de qui que ce soit si mon salaire venait à être divulgué et questionné, j’en donnerais volontiers le montant. Non pas pour m’en plaindre mais parce que faire le « coquet » à ce sujet montrerait que l’argent, en dépit du « républicanisme » affiché, demeure un secret, une faiblesse abordés sans tranquillité ni évidence. La vie privée n’a rien à voir dans ce questionnement. Elle doit être respectée mais encore convient-il qu’elle soit menacée. Elle n’a pas vocation à devenir un cache -démocratie.

Cette transparence, n’en déplaise à Henri Guaino, n’est ni totalitaire ni mesquine. Elle est républicaine et la refuser, en la dénigrant, renvoie à un comportement trop connu, cultivé à outrance par les puissants, les privilégiés, les titulaires de charges exceptionnelles. Cela signifie en substance qu’on veut bien les droits mais pas les obligations ni les devoirs. Ce dernier, aussi dérisoire soit-il, consiste à se justifier. Le beaucoup, voire le trop aujourd’hui a des comptes à rendre. Je préfère cette évolution à une société qui se satisferait de tout comme allant de soi. Que la contestation porte sur l’essentiel ou sur l’accessoire. Rien n’interdisait à Henri Guaino, qui aurait dû se comporter en l’espèce comme un citoyen heureusement ordinaire, de  s’expliquer, de justifier notamment cette indemnité et d’offrir à son interlocuteur une image acceptable de l’élite républicaine. Une telle attitude aurait été d’autant plus de mise que, sans démagogie, une précarisation sensible de beaucoup la rendait encore plus humainement nécessaire. Henri Guaino a choisi le contraire, le pire, car comment ne pas percevoir que derrière cette accusation de « mesquinerie » et de « totalitarisme », il y a  du mépris, du dédain - chacun à sa place ! - à l’égard de ces citoyens qui prétendent se mêler de ce qui les regarde ? Une confirmation, même laconique, aurait suffi. C’aurait été trop encore... Républicain certes, mais il ne faut pas en abuser !

Enfin, cette désinvolture qui se pique de morale quand au moins superficiellement (puisqu’il n’a pas daigné nous ouvrir les yeux) le traitement  global semble offenser l’équité n’a en réalité pour conséquence ultime que de déconsidérer toute analyse de la relation entre ce qui est accompli et ce qui est perçu. Ce n’est pas une élucubration de ma part puisque Martin Hirsch n’hésite pas à déclarer son peu de goût pour les « hauts salaires » en visant notamment Henri Proglio. Henri Guaino, en ce sens, avec sa réaction d’intouchable, en protège beaucoup d’autres. Contraindre les plus hauts agents de l’Etat - la vie de l’entreprise pourrait se soumettre aux mêmes exigences - et l’Etat lui-même à donner des clés aux citoyens pour qu’ils appréhendent mieux les raisons qui en favorisent certains au détriment d’autres, pourrait constituer un exercice utile. Mais quasiment suicidaire. La conscience d’inégalités impossibles à justifier mettrait la société en état de révolution permanente. Mais un peu de République ne nuirait pas dans ce domaine non plus.
 
Bêtement, je m’étais fait une idée simple, trop simple, d’elle : un  espace où on a le droit de questionner le pouvoir sous ses diverses incarnations, officielle ou officieuse. Où répondre, pour lui, ne serait pas une corvée mais un honneur. La belle rançon d’une responsabilité exceptionnelle. Henri Guaino, à l’évidence, n’aspire pas à être un républicain à plein temps.
Républicain quand ça l’arrange.

http://www.marianne2.fr/Henri-Guaino-serait-il-republicai...




 

 
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