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17/08/2014

Mme Merkel est elle fautive de la baisse de la croissance en Allemagne ? C’est la question qu’il faudrait poser à M.Woerth et à M.Fillon.

Mme Merkel est elle fautive de la baisse de la croissance en Allemagne ? C’est la question qu’il faudrait poser à M.Woerth et à M.Fillon.

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Alors que la droite en faite encore trop sur cette panne de croissance,notre pays fait mieux,si j’ose dire,que l’Allemagne puisque que le champion européen est à -0.2%.fait beaucoup mieux que l’Italie de M.Renzi qui devait selon les gredins de lump donnait des leçons à M.Valls,jugé trop mou par M.Fillon.je me souviens que le figaro avait imaginé  un feuilleton sur une hypothétique recherche de soutiens auprès de M.Renzi et que les rencontres entre lui et les responsable français étaient considérées comme notre dernière chance…Renzi la dernière chance de François hollande,faut avoir une dose certaine imagination malsaine.Depuis la droite a oublié M.Renzi et se tourne vers M.Cameron….

On va nous dire que l’Allemagne était 0.7 et nous 0 au premier trimestre.Reste que la baisse de la croissance n’a pas les mêmes raisons que nos déboires en la matière puisqu’on nous rabâche que les allemands ont fait les réformes que nous n’avons pas faites.Le nous,c’est  François Hollande alors que ceux qui profèrent ces insanités sont précisément celles et ceux qui étaient au pouvoir et ont refusé de copier Schröder.

A cet égard,l’entretien accordé par le patron de la Bundesbank au Monde est fort instructif.

Je rappelle que ceux qui s’acharnent aujourd’hui  sur François Hollande n’ont pas réagi quand l’Allemagne a remis en cause tout son système social,mis en œuvre des réformes drastiques au plan de ses charges sociales,sa politique anti chomage.Mieux,durant les 5 ans passés,les mêmes n’ont pas fait le quart de ce qu’a entrepris la gauche depuis mai 2012.

Ce n’est pas moi qui le dit mais le patron de la Bundesbank.

Si la France et l’Italie sont les deux pays les plus encalminés,c’est qu’ils ont été gérés durant ces 10 ou 15 dernières années par des Sarkozy ou Berlusconi .L’Italie a rétabli ses déficits grâce à M.Monti.

Un exemple parmi tant d’autres.Le réforme de la flexibilité du marché du travail (l’AMI) a été adoptée dans notre pays ,elle était réclamée par tous les responsables de droite,du patronat,et par Bruxelles.Une fois de plus François Hollande a été critiqué par la gauche et par la droite.Ce dispositif qui devait réglé une partie de nos problèmes d’emplois a été utilisé par moins de 10 entreprises.Alors que les conventions de rupture à l’amiable explosent.Et on vient nous dire que c’est la politique de François Hollande qui est en cause.Cette année les entreprises ont reçu prés de 20 milliards par le CICE auxquelles s’ajoutent  les aides diverses et variées votées précédemment par les gouvernent Fillon.Où sont passés ces 20 milliards alors que tous les analystes s’accordent pour affirmer que c’est un manque d’investissement qui grève en partie notre croissance On s’apprête à en mettre 40 sur le métier.

Seul point positif dans les mauvaises nouvelles (sic),les entreprises ont crée 15 300  emplois pour la plupart en interim.On nous dit qu’il n’y a plus de commandes dans les carnets,qu’on exporte rien mais on embauche des intérimaires.Là aussi c’est la faute de  François,ils n’inspire  pas confiance à nos patrons.Heureusement que les patrons de Dong Feng lui ont fait confiance,eux

Prends l’oseille et tires toi avait ironisé M.Cambadelis,force est de constater que nous y sommes...

Paradoxalement,dans le pays qu’on présente comme le nouveau champion,les patrons ibériques pratiquent le même sport.  

Bien évidement l’ump jubile,le sabotage marche à plein.

Alors,je crois qu’il faut réviser quelques principes qui peuvent fonctionner en Allemagne,en Angleterre et éventuellement en Italie où le patronat est bien plus exercé à suivre des politiques économiques sans à priori partisan.Malheureusement,ce n’est pas le cas de notre pays.

Ainsi s’il faut continuer sur la voie du pacte de responsabilité,il faut n’en déplaise à la droite – elle critique  mais elle décide pas – suivre sans doute les conseils non pas des frondeurs mais par exemple de  Philippe Waechter (Natixis AM) : « Le gouvernement français doit relancer l'investissement public pour offrir un cadre plus favorable aux entreprises ».

Cessons de baisser la tête devant tous ces braillards,un peu de poigne enfin !

On critique souvent M.Montebourg pour ses manières un peu rudes,allez demander à la nouvelle direction de Peugeot si elle s’en plaint aujourd’hui.

Les pins au revers du veston,c’est bien sauf que pour l’instant les français financent du vent.

On se fout de ce que peut dire M.Woerth,il est un des légataires universel du bel héritage que messieurs Sarkozy et Fillon nous ont laissé.M.Carrez parlons en ,il suffit de lire le dernier numéro du Canard enchaîné pour savoir où en sont les députés ump quant à l’ avenir de nos entreprises et surtout de nos salariés.

Il reste peu de temps pour réagir.Les chiffres qui viennent de tomber montrent une fois de plus que Mme Merkel est aussi dans une impasse.Bientôt les allemands ne pourront plus rien vendre à l’export,on ne tond pas toujours le même mouton Ad vitam æternam - et les allemands ne peuvent pas acheter une Mercedes tous les ans et des machines outils pour en faire une décoration dans leur salon.

Ca change,on augmente les salaires en Allermagne,fini la régulation salariale.

Le temps est venu du grand chambardement.L’Italie est partante car M.Renzi le grand et beau Renzi,meilleur que Valls et de tous ces socialistes français fait le même constat que François Hollande et les socialistes qui veulent réussir avec et dans  l’Europe.Si Mme Merkel n’a pas compris le message des dernières élections européennes il faudra me semble-t il- aller au clash avec l’Allemagne mais cette fois ci pas à l’initiative de Mme Merkel ou de la commission.

Autre chose fort importante M.le Président.Quand la presse françaises permet de titrer sur le camouflet que vous aurez infligé le chancelière,il faut répondre.L’Allemagne n’a pas à traiter la France comme son valet et encore comme une moins que rien.Or,ce que vous avez mis en exergue dans les propos publié par Le Monde s’avèrent aujourd’hui plus justes  que justes.

Vous avez un créneau formidable à exploiter.La classe médiatico-politique,les élites sont  hostile à la France,l’anti-France il est en France….remobilisez les française sur ce thème.Les Brunet et autres Thréard sont les ennemis intimes de la France car cher François la France on l’aime gaulliste,socialiste,royaliste,de droite mais pas sarkozyste (je plaisante) mais jamais  pétainiste et encore moins fasciste. La France,on l’aime comme les français ont décidé qu’elle soit !La France,on l’aime quelque que soit le camp qui la dirige,l’homme qui la dirige.

La France,on l’aime parce que c’est la France…la fée du Général de Gaulle.

Or,eux ils n’aiment la France que lorsqu’elle est à droite.La droite droite pas la droite qui n’en est pas,le Général de Gaulle n’était pas trop apprécié par les aïeux de ces gens là.Ils l’ont supporté,jamais soutenu et à la première occasion ils lui ont fait payer ses grands airs et la France a perdu 50 ans.

Il faut être plus actif,la France n’a pas à subir,il faut qu’elle parle haut et fort….mais pas à contre temps,pas en réaction.

François,vous être trop respectueux des règles de courtoisie,trop respectueux de la forme,trop président.Soyez un peu plus ferme,un peu plus voyou on vous écoutera.

Je sais que ce ne pas dans votre nature,vous êtes mou comme le claironne Mme Aubry.Sauf que vous n’auriez jamais signé l’accord avec les Verts en l’état.

Point encourageant dans cette boue qu’on déverse depuis ce matin (14/8/14)c’est l’excellent entretien de M.Jens Weidmann, patron de la Bundesbank qui en doucherait beaucoup à droite.

«  La France est un pays économiquement puis­sant, mais, comme le dit le président François Hollande lui-même,elle a des défis structurels à relever.Elle doit redresser sa compétitivité et réduire le niveau très élevé de ses dépenses publiques. Le gouvernement français a commencé à le faire, par exemple avec le pacte de responsabilité et de solidarité. Il est important de continuer dans cette voie afin qu'une France renforcée puisse jouer son rôle au sein du moteur franco-allemand. Paris devrait exercer son leadership en donnant le bon exemple, notamment en matière budgétaire. »

François,les Français ne vont pas supporter de voir notre président balloté dedans et dehors. Quand on critique votre politique dans les termes utilisés par l’opposition ça blesse la France,ça affaiblit la France,quand M.Gattaz se permet ce qu’il s’est permis dans le Figaro c’est la France qui est atteinte pas François hollande d’autant que quelque temps  avant le même vous félicitez de votre changement de cap.Réagissez M.le président en fonction de vos oppositions  et non en vertu de principe de politesse et courtoisie républicaines qui n’ont rien à voir avec les méthodes  de ces malappris,des crapules il faut dire le mot.Plus de respect de la fonction,plus de respect de nos institutions,plus respect de la personne c’est plus grave et vous donner impression de ne pas réagir.Du baratin en permanence,personne ne réagit…Ca commence à changer avec les nouveaux ministres mais pendant 2 ans la droite s’est régalée d’autant qu’elle a sa disposition de relais médiatiques que vous n’avez pas.

Faites vous confectionner le planning media de la journée (11/08/2014) qui a suivi l’arrivée de M.Fabius au Kurdistan.Vous allez cauchemarder.

Voyez ce que se permet une Morano qui ne vaut rien,une dactylo qui se prend pour une femme d’état..Mme Tape dure au ministère…ça suffit….Un homme de votre valeur vilipendé par un Estrosi,ça suffit …

Regardez ce qu’il sont capables de dire sur un problème qui ne concerne pas directement notre pays,erreur historique,déshonneur comme si vous étiez aller à Montoire serrer la main de Bachar el Assad alors qu’eux l’ont serrer et bien fort ….

Quel charivari,que de mots déplacés,quelle haine dans la bouche de certains ,vous n’êtes plus président de la république mais un criminel,bientôt ils demanderont au TPI de s’occuper de votre cas.Tout ça pour un mauvais chiffres de croissance,alors que comme toujours aucune proposition n’est sortie de leur museau putride.Alors que c’est pire  ailleurs sauf en Espagne et en Irlande,j'en oublie, mais à quel prix,la Grande Bretagne n’est pas dans la zone euro.La croissance à tout prix serait devenu le veau d’or de ces pitres.On les avait vu moins exigeants quand ils étaient au charbon….Combien de fois la France a-t-elle respecté les 3% depuis sa création.

Réagissez M.le Président.On vous le dit,on vous le répète  car nous  voulons que ce mandat réussisse sinon le risque est grand de voir notre pays sombrer soit dans une nuit sans étoiles ou dans une période très dure pour notre pays et les français.Margaret Thatcher a été une très bon premier ministre  pour l’Angleterre,M.Blair a du malgré tout réparé quelques dégâts de la nouvelle muse de M.Fillon,le modèle espagnol non merci….le modèle britannique non merci et inapplicable en France dés lors que nous ne bénéficions pas des largesses de la Banque d’Angleterre.Reste la juste alliance du progrès économique et de la justice sociale qu’on peut imaginer et mettre en œuvre avec le PCD et M.Renzi mais aussi avec l’Allemagne.

Un conseil M.le président :un voyage en Italie s’impose.

Tranquillisez vous,chers amis,je ne suis pas tombé amoureux de François Hollande…Je suis parfaitement conscient des erreurs qui ont été commises en début de mandat tout en considérant que le principal reproche porte sur la trop tardive mis en place du pacte de responsabilité et d’avoir considérer comme encore valide la dichotomie de l’exécutif .Depuis l’avènement du quinquennat,c’est le président de la république qui fait tout et avoir laissé M.Ayrault menait une politique certes nécessaire compte tenu de la situation héritée sans explication,avoir laissé les français dans le brouillard,si j’ose dire,face à des hausses d’impôts mal expliquées est une faute qu’on peut mettre au crédit du président Hollande.

Par contre,je suis convaincu que la politique menée pendant 2 ans n’était pas celle qu’aurait voulue François Hollande mais celle du Parti socialiste,la preuve c’est qu’à partir du moment  où le pacte de responsabilité a été annoncé et est devenu la pierre angulaire de la politique du président la majorité s’est fissurée.Il faut rappeler que la dame qui se permet de faire fuiter des réflexions dans le Figaro qu’elle aurait livrées au président de la république,c’est malin,est la même qui a distribue les investitures.la plupart des frondeurs sont ses obligés.

La principale faute fut de ne pas mettre le pacte de responsabilité en route dés la début de la seconde année de mandat.Les français auraient compris la démarche selon laquelle on faisait rentrer des recettes par obligation tout baissant les charges et la dépense publique.Aujourd’hui,il serait efficace et en ordre de marche.

Rien n’est perdu.Sauf le temps et le temps c’est de ….

 

Sources :

http://www.franceinfo.fr/actu/economie/article/net-ralent...

http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/20140423trib000...

http://www.francetvinfo.fr/croissance-nulle-l-echec-du-go...

http://www.francetvinfo.fr/croissance-nulle-consequences-...

 

Estimation flash de l’emploi salarié du deuxième trimestre 2014

Au deuxième trimestre 2014, l’emploi dans les secteurs marchands non agricoles augmente légèrement (+ 15 300 emplois, soit +0,1 %, après -21 700 emplois au premier trimestre 2014). L’emploi recule de nouveau dans l’industrie (-0,3 %) et dans la construction (-0,6 %). L’emploi du secteur tertiaire dans son ensemble augmente (+0,3 % après -0,1 %), porté notamment par l’intérim. Hors intérim, l’emploi marchand retrouve son niveau de mi-2013.

L’emploi intérimaire en hausse

L’emploi intérimaire a augmenté au deuxième trimestre 2014 (+12 500 postes, +2,4 %), après une baisse le trimestre précédent (-4,8 %). L’emploi intérimaire retrouve son niveau de mi-2012.

http://www.insee.fr/fr/themes/info-rapide.asp?id=18&d...

 

Le site Atlantico peu suspect d’allégeance au pouvoir actuel publie 2 articles que certains à droite mis aussi à gauche devraient lire avant,en l’espèce pour les premiers,de nous servir le sempiternel modèle allemand,pour les seconds affermir leurs arguments.

Et après avoir détourné la croissance européenne ces dernières années, l’Allemagne bien partie pour entraîner la zone euro vers le fond

Selon les premiers résultats de l'Insee publiés ce jeudi 14 août, pour le deuxième trimestre consécutif, la France affiche une croissance nulle. Parallèlement le Produit intérieur brut de l'Allemagne a reculé de 0,2%.

Publié le 14 Août 2014

Angela Merkel à propos de la zone euro Crédit Reuters

Le 12 août était publié l’indicateur ZEW, établissant le sentiment économique en Allemagne. Une chute de 18 points en un seul mois, établissant un plus bas depuis juin 2012. Le communiqué décrit la situation :

"Le déclin du sentiment économique est probablement relié aux tensions géopolitiques qui ont affecté l'économie allemande. En particulier, les chiffres actuels de la production industrielle et des commandes entrantes suggèrent une activité nettement réduite sur le front de l'investissement de la part des entreprises allemandes, celles-ci étant confrontées à des perspectives de ventes incertaines. Etant donné que l'économie de la zone euro ne s'améliore pas, des signes montrent que la croissance économique en Allemagne sera plus faible que prévu en 2014."

zew.jpg


L’Allemagne est confrontée à un problème sérieux.

Sa dépendance aux marchés internationaux rend son modèle économique vulnérable aux tensions géopolitiques et aux politiques économiques menées dans le reste du monde. Une approche qui lui avait pourtant parfaitement réussi pour le moment.

Et c’est cette stratégie qui est aujourd’hui proposée à la zone euro dans son ensemble : Une faible demande intérieure qui permet de contenir la progression des salaires et une volonté d’aller vers plus de "compétitivité" pour prendre des parts de marché à l’export. Et à première vue, les résultats sont là. La balance commerciale de la zone euro s’améliore.

Balance commerciale en % de PIB. Zone Euro. 1999/2013

 

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Pourtant, alors que son excédent commercial n’a jamais été aussi fort, l’économie européenne dans son ensemble n’a jamais été aussi faible. Une contradiction qui n’a pas l’air de beaucoup choquer. Et c’est bien là le nouveau problème auquel la zone euro se confronte aujourd’hui. En essayant vainement d’exporter sa récession, l’Europe se met en situation de totale vulnérabilité économique. Sur le modèle allemand. Et Comme pouvait l’indiquer le Wall Street Journal dès le mois de juillet :

"Bye Bye, l’histoire de la croissance allemande…

En moins d’une année, l’Allemagne qui était vantée comme étant le moteur de la croissance européenne, la puissance de la région etc. pourrait se retrouver face à une falaise de non croissance, et possiblement tirer le reste de l’Europe avec elle. L’industrie est faible, le chômage a l’air de vouloir remonter à nouveau et les données récentes montrent que les importations et les exportations ont chuté de façon inattendue en mai. La cerise sur le gâteau est que les indicateurs avancés de l’OCDE montrent une chute pour le troisième mois consécutif."

Une vulnérabilité qui se révèle en effet peu à peu au gré du contexte économique mondial et ce dans l’attente de la publication des chiffres de la croissance allemande pour le deuxième trimestre 2014. Une vision défendue par le Financial Times :

"Alors que l'économie allemande reste la plus forte de la région, les attentes formulées plus tôt cette année, indiquant qu'elle pourrait stimuler la croissance dans les régions les plus faibles de la zone monétaire, sont maintenant regardées de façon douteuse."

Car comme le montre l’indice ZEW, le monde n’est pas en forme en ce moment. Le parti communiste chinois est en train de revoir sa copie sur son modèle de croissance, la Russie n’est pas au mieux, le Brésil sombre…Quant aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, ils semblent avoir repris le rythme d’une croissance acceptable qui ne nécessiterait pas de nouveaux plans de relance nourris au stéroïdes.

Au mois de juin, la production industrielle allemande s’est ainsi tassée de 4.3% par rapport au même mois de l’année dernière. Les exportations ne progressent plus depuis bientôt deux ans. La demande adressée à l’Allemagne de la part des pays émergents se tasse. Dans de telles conditions, aller chercher la croissance en dehors de ses frontières devient un exercice périlleux. Une situation qui devrait être regardée attentivement par l’ensemble des membres de la zone euro qui souhaitent calquer leur modèle sur une vision mercantiliste.

Et pour pallier cette situation, pas la peine de compter sur la demande européenne. Celle-ci a été mise au piquet par la Banque centrale européenne. Ce que l’Europe est en train d’accomplir aujourd’hui correspond à une volonté d’appauvrissement de son marché intérieur afin d’essayer de gagner une plus grande part de croissance extérieure dont elle ne maîtrise rien. Elle lâche la proie pour l’ombre au prix d’un chômage record.

Le risque est d’autant plus important pour la zone euro aujourd’hui que les chiffres de l’inflation sont faibles. Car tout choc extérieur propulserait alors la zone euro dans les bras de la déflation.

 

Le grand hold-up : comment l’Allemagne a capté 89% de la croissance européenne sur les 5 dernières années (et pas seulement grâce à ses mérites)

Au cours des 5 années qui ont suivi le premier trimestre 2008, l'économie allemande a capté la majeure partie de la croissance européenne. Une situation qui doit plus à l’iniquité des conditions macroéconomiques de la zone euro qu'à une prétendue supériorité du modèle allemand.

Publié le 13 Août 2014 - Mis à jour le 14 Août 2014

L’Allemagne a capté 89% de la croissance européenne sur les 5 dernières années Crédit REUTERS/Leonhard Foeger

  • L’Allemagne a capté 89% de la croissance européenne depuis 2008
  • La mise en place des réformes de flexibilisation du marché du travail et le modèle économique allemand en sont la cause:le pays surfe sur la croissance hors zone euro.
  • Le marché intérieur européen est dévasté par les erreurs commises par la BCE, qui ne voit pas le problème. L’Allemagne non plus, puisqu’elle n’en a pas besoin.
  • Pour les pays qui ont un modèle tourné vers le marché intérieur européen, la crise perdure.

Le lundi 4 août 2014, le journal Le Monde rapportait les propos de François Hollande"Nous ne sollicitons pas de l'Allemagne une quelconque indulgence, mais nous lui demandons un soutien plus ferme à la croissance" 

La porte-parole du gouvernement d’Angela Merkel ; Christiane Wirtz, s’était alors empressée de répondre au Président Français :

"Les déclarations très générales en provenance de Paris ne fournissent aucune raison pour de quelconques corrections dans la politique économique"(…)"L'Allemagne est déjà une locomotive importante, la plus importante même, pour la conjoncture de la zone euro". Le fait est que depuis l’entrée en crise, l’Allemagne n’en finit plus de provoquer soit un sentiment de crispation soit un sentiment d’admiration. Deux visions s’opposent, l’Allemagne est-elle une locomotive ou un frein à la croissance européenne?

Cette question est légitime. Car l’Allemagne est bel et bien devenue l’aspirateur de la croissance européenne. Sur les 5 dernières années, 89.15% de la croissance de la zone euro a été captée par ce seul pays. Et ce, alors même que son économie ne représente que 28.5% du poids économique de l’ensemble. Le déséquilibre est à ce point massif qu’il en est évidemment insoutenable. Ainsi, lorsque l’Allemagne se refuse à "un soutien plus ferme à la croissance" il y a bien une raison : elle n’en a tout simplement pas besoin. En termes de croissance, elle a déjà ce qu’il faut.

% de la croissance de la zone euro (prix courants) captée par l’économie Allemande. Lissée sur 5 ans.

 

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Alors que l’économie d’outre-Rhin bénéficiait d’environ 20% de la croissance européenne avant crise, ce qui est en fait plutôt faible en considération de son poids économique (28%), elle est aujourd’hui en situation de quasi-monopole. Alors comment l’Allemagne a-t-elle fait pour en arriver là ?

D’abord ce qu’elle a bien fait : la flexibilisation du marché du travail. Lorsque la crise frappe le plus durement entre 2008 et 2009, les employeurs allemands ne licencient pas car ils ont la possibilité de réduire le nombre d’heures travaillées de leurs salariés.Ces derniers gardent leur emploi et devront adapter leurs heures de travail en fonction de la demande. Le résultat est que le taux de chômage n’est pas touché et les dépenses d’assurance chômage sont contenues. A l’inverse, privés d’une telle flexibilité les autres pays européens vont se retrouver dans des processus de forte hausse du taux de chômage venant impacter négativement les dépenses de consommation, et positivement les dépenses publiques. Celles-ci devront alors être compensées par des hausses d’impôts ou des réductions de dépenses des administrations ayant également un effet récessif.

Puis, le coup de bol. L’Allemagne est une économie puissamment tournée vers l’exportation (50% du du PIB). Et entre le creux de la crise (2009) et 2013, celles-ci vont progresser de 37% sous l’effet des plans de relance chinois, américains, britanniques qui vont tous participer au rétablissement des ventes du pays. Sans la mise en place de tels plans, le modèle mercantiliste allemand avait du souci à se faire.

Une réforme salvatrice, un modèle adapté au contexte économique du moment, l’économie allemande passe à travers les gouttes de la crise.

Face à une telle réussite, il devient improbable de contester quoi que ce soit. Si près de 90% de la croissance va à l’Allemagne, c’est qu’elle a fait les efforts nécessaires pour y parvenir et qu’il est légitime qu’elle en perçoive les fruits. La débâcle des autres pays ne serait alors que la conséquence de leur propre médiocrité économique, et politique.

Mais une telle affirmation cache une autre réalité. Si l’Allemagne a pu redresser rapidement son économie, c’est qu’elle ne dépendait pas du marché intérieur européen. En effet, alors que les exportations allemandes hors zone euro ont progressé de 28% entre 2008 et 2013, les exportations intra zone euro ont parfaitement stagné (elles ont baissé de 0.006% pour être précis). A l’inverse, pour un pays comme la France qui repose principalement sur son marché intérieur (ce qui correspond au modèle américain), un tel contexte est une promesse de stagnation. Car le marché intérieur européen a été brisé. Afin de constater cet état de fait, il suffit de mesurer le taux de croissance nominale de la zone euro sur 5 ans (pour garder une cohérence avec la graphique précédent).

Croissance nominale de la zone euro sur 5 ans. En %.

 

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Avant la crise, 5 années passées correspondaient à 20-25% de croissance nominale (la croissance additionnée de l’inflation) pour l’ensemble de la zone euro. Mais pour les 5 dernières années (2008-2013) le total n’est que de 3%.

Et ce qui est essentiel ici c’est que la "croissance nominale" (croissance + inflation) est sous contrôle total de la BCE. C’est-à-dire que l’effondrement de cette variable au cours des cinq dernières années ne peut être interprété que comme un choix délibéré ou comme le résultat d’une formidable incompétence de l’autorité monétaire (Il est probable que ce soit les deux). Car précisément, le rôle d’une banque centrale est de stabiliser cette variable. Mais le résultat est le même ; le marché intérieur européen est martyrisé.

Pour résumer, la situation de la zone euro est simple : L’économie allemande n’a pas eu besoin du marché intérieur européen pour sortir de la crise. Tant mieux pour elle. Tant pis pour les autres. Ainsi lorsque l’Allemagne se cabre face à la volonté de relancer la demande intérieure européenne par la voie de la BCE, elle prive les autres pays de toute capacité de rebond.

Cette situation économique rappelle les propos de Milton Friedman,dans une interview donnée à la Hoover Institution en 1999 :

Epstein : Pensez-vous que l’union monétaire européenne sera un succès ?

Friedman : Je l’espère, mais je suis sceptique.

Epstein : Pourquoi ?

Friedman : Parce que l’Union européenne n’est pas une zone appropriée pour une monnaie unique. Il peut y avoir des situations où une monnaie unique est désirable et des situations ou ce n’est pas le cas. Cela est désirable lorsque vous avez des pays qui parlent la même langue, lorsque des mouvements de population ont lieu entre les pays, lorsque des systèmes d’ajustement existent pour contrer des effets asymétriques sur les différents pays. Les Etats-Unis sont une bonne zone pour une monnaie unique, pour toutes ces raisons.

Mais l’Europe est à l’opposé de tout cela. Ses habitants ne parlent pas la même langue et ont différentes coutumes. La mobilité est réduite entre les pays. Le taux de change de ces différents pays était un mécanisme par lequel ils pouvaient s’ajuster face à des chocs qui les touchaient de façon asymétrique. En fait, les Européens ont fait le pari de jeter ce mécanisme d’ajustement par la fenêtre. Mais au final, je pense que cela sera une grande source de problèmes.

Epstein : Quels genres de problèmes ?

Friedman : Les problèmes ne se poseront pas pour tout le monde. Certains seront affectés par des situations qui étaient réglées auparavant par des dévaluations. Mais en raison du fait qu’ils sont bloqués dans un système de monnaie unique, l’alternative sera une récession. 

Il n’est pas nécessaire d’en rajouter beaucoup plus. La survenance du choc asymétrique a eu lieu. La répartition des niveaux de croissance au sein de la zone en atteste :

Part de croissance par pays. Zone Euro. Lissée sur 5 ans.

 

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Et lorsque le partage de la croissance européenne ressemble à un poireau, faute de pouvoir contrer ce choc "asymétrique", il est peut-être temps de réagir. Lorsque l’Allemagne soutient la BCE dans son orthodoxie alors qu’elle capte 90% de la croissance depuis les 5 dernières années, il est peut-être temps de réagir. Car pour réagir il suffit d’imposer à la Banque centrale européenne de suivre l’intérêt général européen en stimulant son marché intérieur, c’est-à-dire de rétablir les niveaux de croissance nominale d’avant crise.Puisqu’il s’agit bien là de sa fonction et surtout de son pouvoir.

Sources: 

http://www.atlantico.fr/decryptage/apres-avoir-detourne-c...

http://www.atlantico.fr/decryptage/grand-hold-comment-all...

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