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03/09/2013

UMP:Une bonne leçon de M.Gattegno

UMP:Une bonne leçon de M.Gattegno...

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SI L’UMP VEUT VOTER SUR LA SYRIE, QU’ELLE LE FASSE!

J’ai dit lundi que François Hollande devait prendre ses responsabilités : les chefs de l’UMP doivent le faire aussi. 

1. En sortant de l’équivoque. Beaucoup d’entre eux ont réclamé un vote sans dire s’ils sont pour ou contre l’intervention en Syrie. Ce serait plus clair s’ils le précisaient. 
2. S’ils veulent vraiment un vote, il y existe un moyen : la motion de censure. Il suffit que 1/10 des députés le demandent et l’Assemblée doit voter. Si la censure est adoptée, le gouvernement démissionne. Alors si l’UMP juge que le Président de la République met en péril les intérêts du pays et la démocratie, elle peut essayer de l’empêcher. Dans notre système, Le président est le chef des armées mais l’opposition n’est pas désarmée.

Mais c'est une solution qui reviendrait à politiser le débat. Est-ce que c'est vraiment adapté à des circonstances aussi exceptionnelles qu'une action armée à l'étranger ?

C’est la constitution. Elle repose, on le sait, sur la suprématie du Président de la République. Ce n’est pas moins démocratique que le système anglais ou américain puisqu’il tire sa puissance d’une élection directe par le peuple. C’est l’esprit du système qu’avait voulu le général de Gaulle. C’est aussi un héritage de Nicolas Sarkozy, puisque l’article 35, qui régit l’envoi de nos soldats à l’étranger, a été révisé en 2008 dans un sens encore plus présidentiel : il dit qu’un débat est possible au Parlement, mais il interdit que ce débat soit suivi d’un vote. François Fillon a dû l’oublier (et pas mal d’autres avec lui) : ça a sa place dans le fameux inventaire du sarkozisme…

D'ailleurs, Brice Hortefeux a rappelé ce week-end qu'il y a un an, Nicolas Sarkozy avait publiquement appelé à une intervention en Syrie. Est-ce que c'est un message embarrassant pour l'UMP ?

En tout cas, c’est un rappel piquant – et même une piqûre de rappel. Redisons-le ici : l’attitude de l’UMP est entièrement dictée par des considérations tactiques et politiciennes qui ne sont pas à son honneur. A part Alain Juppé (qui voulait un vote mais pour légitimer l’intervention), c’est le grand flou : on n’a pas compris si Fillon était pour ou contre les frappes, la plupart des autres disent que c’est au Président de la République de décider mais lui reprochent de décider seul et Jean-François Copé reproche à François Hollande son attentisme mais préconise… d’attendre encore. Tout cela n’est peut-être pas inintelligent, mais c’est inintelligible.

Est-ce que les menaces lancées par Bachar el Assad contre la France (dans Le Figaro) peuvent changer quelque chose à l'attitude de la droite ?

C’est à leur tour d’être pris à contre-pied. Obama a piégé François Hollande en interrogeant son Parlement par surprise. Assad piège tous les opposants à l’intervention en se montrant à ce point cynique et provocateur. Face à un tel adversaire, c’est l’inaction qui reste la solution la moins défendable. Jean-François Copé déplore que François Hollande se soit mis « à la remorque d’Obama ». Au train où vont les choses, c’est sans doute mieux que de rester en panne.

Hervé Gattegno

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