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09/08/2012

Les réactions à l’exploit du bavard irresponsable…

Les réactions à l’exploit du bavard irresponsable…

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 C’est ce qui manque à François Hollande,une main ferme dans celle de Bachar…

Syrie : l’appel irresponsable de Nicolas Sarkozy

ParJean-Marcel Bouguereau
éditorialiste

LE PLUS. Nicolas Sarkozy est sorti de son silence pour demander une action rapide de la communauté internationale en Syrie, où il voit de "grandes similitudes" avec la Libye. Un comportement irresponsable dénoncé par Martine Aubry ou Jean-Christophe Cambadélis. Notre chroniqueur Jean-Marcel Bouguereau revient sur la tactique de l'ancien président de la République.

Édité parAmandine Schmitt  

Et revoilà Nicolas Sarkozy ! Il n’a pas fallu plus de deux mois pour que l’ancien président qui avait promis une "discrétion durable" à son retour du Maroc se manifeste ! Après s’être entretenu mardi avec le président du Conseil national syrien (CNS) Nicolas Sarkozy a demandé une action rapide de la communauté internationale en Syrie.

C’est qu’il voit de "grandes similitudes" avec la Libye, où il s’était illustré en prenant la tête de l’intervention militaire qui permit la chute de Kadhafi. Même s’il n’est guère plus crédible s’agissant de Bachar al-Assad qu’il avait invité à présider le défilé du 14 Juillet 2008 que de Kadhafi qui avait planté sa tente dans l’hôtel Marigny, son retournement heureux sur la Lybie oblige à s’interroger sur ses arguments.

La Syrie n'est pas la Libye

Y a-t-il vraiment autant de similitudes qu’il l’affirme entre les situations libyennes et syriennes ? La première différence, confirmée par ce que l’opposition syrienne nomme pudiquement son "retrait tactique" hier à Alep, c’est que le régime syrien a pu conserver le contrôle du terrain. Aucune portion du territoire n'a pu être sanctuarisée comme ce fut le cas d'une bonne partie de la Cyrénaïque libyenne dès le début du soulèvement anti-Kadhafi.

Or, c’est l’appel à l’aide extérieure des insurgés de Benghazi qui déclenché l’intervention de l’Otan grâce à une nouvelle notion juridique qu’était la "responsabilité de protéger", permettant de décréter "une zone d’exclusion aérienne".

L'appel de la Ligue arabe

Dans un cas, l’appel de la Ligue arabe a pu être assez fort pour paralyser un moment la Russie et la Chine et permettre à la France et à la Grande-Bretagne de faire voter une résolution ouvrant la voie à une intervention.

Dans le cas syrien, la Russie et la Chine, qui ont eu l’impression plutôt justifiée de s’être fait blousés dans cette affaire, ne sont évidemment pas prêtes à s’abstenir une seconde fois. Mieux, elles le soutiennent militairement. Et elles ne sont pas seules à le soutenir, mais il y a aussi l’Iran dont la visite, lundi, d’un émissaire a permis au dictateur syrien de faire sa première sortie publique depuis longtemps. Cela fait beaucoup de différences !

Suggérer une intervention, ça ne mange pas de pain

Comment comparer les deux situations ? Sarkozy a bénéficié avec la Lybie d’une fenêtre de tir exceptionnelle : l’abstention de la Chine et de la Russie. Comment compte-t-il procéder malgré leur veto ? Avec une intervention unilatérale ? De la France toute seule ? Sans les États-Unis ni la Grande-Bretagne ? Ce serait irresponsable. Et l’UMP serait la première à stigmatiser la gauche dans cette hypothèse improbable.

Comme elle est improbable, ça ne mange pas de pain que de la suggérer même si c’est irresponsable. En laissant entendre qu'une intervention militaire pourrait être appropriée pour mettre fin aux combats en Syrie, Sarkozy vient conforter la tactique estivale de l’UMP qui, profitant du creux de la mi-août où le gouvernement s’est mis en vacances, cherche à stigmatiser la "passivité" de François Hollande.

Un second couteau de permanence en ce milieu d’été a même jugé que cet attentisme devenait "criminel" : "Pourquoi François Hollande, qui a même la direction du Conseil de Sécurité, en fait-il moins que Sarkozy ? Pourquoi ne décide-t-il pas d'intervenir ? Par peur ? Par amateurisme ? Parce qu'il ne sait pas décider ? Parce qu'il n'a pas compris l'enjeu moral ?". C’est de bonne guerre mais cela va-t-il convaincre ?

http://jeanmarcelbouguereau.blogs.nouvelobs.com/archive/2...

Tourner sept fois…

Nicolas Sarkozy énonce une contre-vérité lorsqu'il affirme que la situation en Syrie est comparable à celle qui avait conduit à la chute de Kadhafi à Syrte. Sans doute cherche-t-il ainsi à faire oublier que s'il n'avait pas aussi outrageusement pris des libertés avec la résolution du Conseil de sécurité sur l'intervention en Libye, les Russes seraient aujourd'hui moins crispés sur la défense du boucher Assad. Car les deux scénarios, pour tragiques qu'ils soient, n'ont que peu de points communs. En Libye, c'est la Ligue arabe qui avait demandé une résolution au nom du devoir de protection des populations de Benghazi et c'est elle qui voulait se débarrasser du dictateur. Dans le cas de la Syrie, on craint le chaos et l'extension du conflit à cette zone aux équilibres bien fragiles.

En particulier les Russes, qui défendent ici des intérêts légitimes, et notamment la base navale de Tartous, mais qui craignent aussi que la chute du régime ne favorise l'implantation d'une plateforme islamiste qui relancerait l'instabilité dans le Caucase. Pour débloquer la position de Poutine, le travail politique de la France doit faire avancer la crédibilisation de l'opposition sur sa capacité à installer une démocratie. Alors que l'intervention militaire, telle que la préconise Nicolas Sarkozy, est beaucoup trop risquée et incertaine face à une armée aussi puissante et organisée que celle d'Assad.

L'ancien chef de l'État le sait et sa prise de position en devient presque indécente. Rompre son silence post-défaite électorale en écornant la règle de la continuité de la politique extérieure de la France est un geste pour le moins inhabituel. Surtout pour appeler à une intervention de la communauté internationale qu'il sait entravée aux Nations unies.

Appuyé par les Russes, les Chinois et implicitement par Israël, Assad joue la carte de la force militaire. Qu'importe la désertion d'un Premier ministre quand la solution finale est le massacre. La chute d'un régime est toujours compliquée. Surtout quand il s'agit d'une dictature soutenue par d'autres dictatures. Raison de plus pour que Nicolas Sarkozy tourne ses invitations de 14 Juillet sept fois dans sa mémoire afin de ne pas risquer un boomerang dans la posture.

DANIEL RUIZ

http://www.lamontagne.fr/france-monde/actualites/a-la-une...

 sarkozy,ump,syrie,hollande

 C’est drôle,on dirait que Bachar n’avait pas trop confiance …

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