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12/02/2011

Ce que vous ne lirez pas dans Nice matin

Elle a posé sa question à Sarkozy sur TF1: "C'était l'émission du Président, pas la nôtre"

Ils sont tous un peu déçus de l'émission. Fatiha aussi.

Jeudi soir, elle participait, sur TF1, à la seconde édition de "Paroles de Français", ou l'occasion pour neuf personnes d'interroger le président, sur "toutes les questions que les gens se posent sur leur vie quotidienne" selon le Monsieur Loyal de la soirée, Jean-Pierre Pernaut.

Un peu, beaucoup,raté ? "A l'unanimité, on a eu l'impression que c'était l'émission du président, pas la nôtre" confie Fatiha au Post.

Cette pharmacienne de 62 ans, qui vit à Nice, a été victime de quatre braquages à main armée. "Pas dupe", Fatiha Djegaoud, comme elle l'expliquait au Post mercredi soir, sait très bien que "c'est pour ça" qu'on lui a proposé l'émission.
Jeudi soir, elle a ouvert le bal avec sa question sur l'insécurité, qui a occupé le président un bon petit moment.
Quel bilan Fatiha Djegaoud tire-t-elle de sa participation à "Paroles de Français" ? Qu'espère-t-elle à présent ? Que s'est-il passé dans les coulisses ?

Sur Le Post, Fatiha Djegaoud répond :

Qu'avez-vous pensé de l'émission ?
"On a tous ressenti plus ou moins la même chose : c'était l'émission du président, pas la nôtre. C'est pas nous qui avions des questions à poser au président, c'est le président qui a parlé de ce dont il avait envie. De toute façon, comme je vous l'avais déjà expliqué, je ne me faisais pas beaucoup d'illusions. Je savais que si j'étais là, c'était parce que j'avais été braquée quatre fois à main armée..."
Avez-vous eu l'impression d'avoir pu poser vos questions ?
"J'en ai posé une : celle sur l'insécurité. Et le président m'a laissée parler, il ne m'a pas interrompue. J'ai eu plus de temps que les autres, j'en étais presque étonnée, et un peu gênée même, car j'ai eu l'impression qu'on ne parlait que de mon problème. J'en ai presque culpabilisé."
Qu'avez-vous pensé des réponses de Nicolas Sarkozy ?
"En fait je les connaissais déjà. Ce sont les mêmes que m'avaient données le ministre de l'Intérieur, le préfet et le maire de Nice, que j'avais déjà contactés avant. Le président n'a fait que redire leurs réponses, notamment sur la délinquance des mineurs. J'ai ensuite parlé de la présence accrue de la police. Et bien figurez-vous que des employés de la pharmacie m'ont appelée hier soir pour me dire qu'une voiture de police était toute la nuit devant la pharmacie ! Et depuis ce matin, ils constatent une étonnante et importante présence policière devant la pharmacie..."
Qu'en pensez-vous ?
"Que les choses sont claires. Mais combien de temps ça va durer ? Le temps de l'émission ? Comme je l'ai dit au président, les conditions de vie dans la cité se sont énormément dégradées. D'ailleurs, quand il a parlé de culturalité, je ne pouvais pas ne pas lui dire ce que j'en pensais. Comment voulez-vous que les gens s'intègrent si on les met tous ensemble dans les mêmes ghettos ? La cité est complètement fermée. Les commerces ferment, les gens ont peur. L'intégration n'est pas si simple dans ces conditions."
Quelles questions n'avez-vous pas pu poser au président ?
"J'aurais voulu rebondir sur la maladie d'Alzheimer et les médecins. Je voulais lui dire que j'avais l'impression que, pour lui, les pharmaciens n'existaient pas. Nous sommes quand mêmes spécialistes en matière médicale. On est proches des gens, on fait de l'accompagnement de malades, de la pharmacovigilance. J'aurais voulu parler de prévention. D'ailleurs, et également concernant les autres problématiques, a-t-on parlé de prévention hier soir ? Concernant l'insécurité non plus. Cela m'attriste."
Que lui auriez-vous aussi volontiers demandé ?
"J'aurais aussi voulu lui parler de l'Europe, de ce qui change au niveau européen concernant la médecine, et quelles incidences cela va avoir. Car on nous dit qu'il faut nous aligner sur l'Europe, que c'est ainsi, et après on apprend qu'un médicament supprimé dans plusieurs pays d'Europe n'a pas été supprimé en France. Pourquoi n'avons-nous pas la même exigence dans les deux sens ? De manière générale, et je me répète, j'aurais aimé qu'on parle davantage de prévention."
Que retenez-vous de la préparation, avant l'émission ?
"Ça s'est bien passé. Environ une heure avant le début, les gens de TF1 nous ont demandé, à chacun, de leur dire qu'elles étaient nos questions."
Leur avez-vous communiquées ?
"Pas du tout. Il n'en était pas question, ce que je leur ai répondu."
Qu'ont répondu les autres participants ?
"La plupart ont donné leurs questions."
Regrettez-vous d'avoir participé à l'émission ?
"Non, je ne regrette pas d'y être allée. C'était un peu décevant, mais les questions que je n'ai pas pu poser, j'en parle aux médias. Alors, l'un dans l'autre.."
Si c'était à refaire, signeriez-vous à nouveau ?
"Oui. En revanche, pour une prochaine fois, je pense que pour l'émission soit plus intéressante, il faudrait au moins un journalitse qui puisse rebondir, interrompre le président, poser les questions de la bonne manière."
N'était-ce pas la mission de Jean-Pierre Pernaut jeudi soir ?
"Si. C'est un bon animateur. Je ne suis pas journaliste et ne connais pas bien le métier, mais j'ai eu l'impression que le président ne l'écoutait pas du tout, non ? Nous, les participants, on n'est pas journalistes, on ne sait pas toujours comment faire. Il faudrait quelqu'un qui dirige vraiment le débat."
A votre avis quelles conséquences cette émission peut-elle avoir sur votre quotidien ?
"Je ne pense pas qu'elle en aura spécialement. J'ai déjà eu beaucoup de témoignages de sympathie par le passé."
Avez-vous eu un contact avec le président avant l'émission ?
"Oui oui. Il est venu nous voir. Il nous a dit quelque chose comme 'Rassurez-vous. Ne stressez pas. Et n'hésitez pas pendant l'émission :soyez très francs et dites-moi tout ce que vous avez envie de me dire.' Il nous a mis à l'aise, ça c'est sûr. On ne peut pas lui reprocher."
Avez-vous pu, comme vous l'espériez, discuter avec lui après l'émission ?
"Oui. Le président est venu discuter avec quasiment chacun d'entre nous. J'en ai profité pour lui dire que j'étais un peu frustrée de ne pas avoir pu lui poser toutes mes questions. Il m'a écouté et répondu 'On se reverra.'"
Sans en dire plus ?
"Non. Mais je me doute qu'il ne m'appellera pas pour prendre de mes nouvelles. J'espère que, peut-être, Jean-Pierre Pernaut rebondira et refera quelque chose, qu'il y aura un suivi. C'est en tout cas ce que je suggère."

Sources: Le Post, TF1 News, TF1 News, TF1

 

 

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