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28/08/2010

UMP:Le vieux lion contre les pizzaiolos*

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Lu dans le Petit Niçois

La colère de René Vestri contre Eric Ciotti

vendredi 27 août 2010

Les élections cantonales n'ont lieu qu'en mars prochain mais la campagne est d'ores et déjà lancée. Le conseiller général sortant du canton de Villefranche-sur-Mer, René Vestri, réélu constamment depuis vingt-cinq ans mais qui n'a pas encore officiellement dit qu'il se représenterait, accuse le président du Conseil général, Eric Ciotti, d'avoir délibérément décidé de couper les subventions aux communes et aux associations du Pays des Trois Corniches.

Les dossiers qui restent sans suite ou reçoivent une fin de non recevoir du département commencent à s'empiler : la vidéosurveillance, l'école maternelle de Villefranche-sur-Mer, la bibliothèque de la Turbie, le rond-point au centre de Beaulieu-sur-Mer... Mais le sénateur-maire de Saint-Jean-Cap-Ferrat va plus loin : il s'indigne de la proximité entre le pouvoir politique et Nice-Matin et annonce même sa candidature aux élections... législatives.

« Va-t-il falloir que je déclare ma candidature dans la circonscription niçoise du député Eric Ciotti en 2012 pour être entendu du président du Conseil général en 2010 ? », nous déclare sans détours René Vestri. La réponse dans Le Petit Niçois.

Le Petit Niçois : Vous avez recensé de nombreux projets du canton qui ne sont pas ou qui ne sont plus aidés financièrement par le Conseil général. Comment le conseiller général que vous êtes réagit-il à cette situation ?

René Vestri : Les injustices dont le canton de Villefranche-sur-Mer est victime me poussent à agir. Ce canton est « ostracisé » par le président du Conseil général. Il faut que cela cesse. Je rappellerai d'abord que je suis non seulement élu par mes concitoyens constamment depuis 25 ans, mais aussi par mes collègues maires du canton à la tête du Syndicat intercommunal. Et heureusement que nous avons ensemble créé cet espace de solidarité entre nous, qui nous permet de faire de nombreuses réalisations. Cette solidarité entre élus au service des habitants du canton n'est pas un vain mot.

Lorsqu'une commune a besoin d'aide, nous sommes là. Et nous ne nous préoccupons pas des prises de position de tel ou tel maire, de ses candidatures passées ou futures, des éventuelles divergences politiques.

La démocratie a le droit de s'exprimer et il serait injuste de sanctionner les citoyens de telle ou telle commune, au motif que le maire dit ou pense des choses qui ne conviennent pas aux autres !

LPN : Mais pourquoi le Conseil général sanctionne-t-il le canton et ses habitants ?

RV : Pas le Conseil général ! Son président. La raison, tout le monde peut la deviner. M.Ciotti a décidé de punir les habitants du pays des trois corniches, comme j'aime à désigner mes concitoyens, parce qu'il n'a toujours pas digéré mon succès aux sénatoriales et ma liberté de parole. Un exemple : pas un euro, je dis bien pas un euro de subvention du Conseil général pour l'école maternelle de Villefranche-sur-Mer. A l'inverse, le budget de la communication et surtout de la publicité accordée aux journaux, où l'on voit chaque jour la photo d'Eric Ciotti, a augmenté de 250 000 euros en 2009  !

Autre paradoxe : le stade intercommunal de Beaulieu/St-Jean ne bénéficie d'aucune subvention et, depuis deux ans, la construction du gymnase de Beaulieu n'est plus prise en charge par le Conseil général, pénalisant ainsi le lycée de la commune. Des choix qui ne cadrent pas bien avec ce que disait récemment le président Ciotti : « Le sport est une réponse à la crise ». Comprenne qui pourra...

Par contre, le département subventionne largement les travaux du port de Nice. Des travaux qui n'ont pas fait l'unanimité et qui ont d'ailleurs été réalisés en pleine saison !

Sécurité : le double langage

LPN : Pouvez-vous nous donner d'autre exemples ?

RV : Oui ! Un en particulier qui m'a fait réagir la semaine dernière et pour lequel j'ai envoyé un communiqué qui n'a pas été publié, une fois de plus, par Nice-Matin : la vidéo-protection. Ce dispositif dont Christian Estrosi, maire de Nice, se fait le chantre matin, midi et soir, est subventionné dans sa ville par le Conseil général. Il y a même des colloques auxquels participent MM.Estrosi et Ciotti sur les avancées technologiques réalisées par des entreprises locales de Sophia-Antipolis, pour ensuite les adapter aux réalisations municipales...

Et bien, sachez-le, le Conseil général des Alpes-Maritimes ne verse plus rien en subventions aux communes du canton de Villefranche-sur-Mer. Quand les maires du canton investissent dans la sécurité de leurs concitoyens en vidéo-protection en 2009 et 2010, le Conseil général n'est pas à leurs côtés. Et, pourtant, nous obtenons des résultats comme dernièrement où, grâce à la coopération avec la gendarmerie, nos policiers municipaux ont pu appréhender une équipe de cambrioleurs.

LPN : Education, sécurité : voilà deux thèmes sur lesquels l'UMP communique abondamment ces temps-ci. Or, vous siégez au groupe UMP au Sénat. Pourquoi Eric Ciotti, qui est le secrétaire national chargé de la sécurité dans votre parti, n'applique-il pas ce qu'il préconise dans le canton de Villefranche ?

RV : Merci de rappeler que je suis un parlementaire membre de l'UMP. Vos collègues de Nice-Matin oublient régulièrement d'en faire mention comme cette année encore où, faisant état des vacances estivales des parlementaires azuréens, ils ne s'intéressent pas à moi. Mais ils n'ont pas tout à fait tort puisque, moi, je suis sur le terrain et pas en vacances.

À moins qu'on ne leur tienne le stylo en échange des subventions qu'ils ont reçues. 2,5 millions d'euros versés en 2009 par le gouvernement auquel appartient M.Estrosi à Nice-Matin pour moderniser ses rotatives. Les travaux viennent de commencer. A qui profitent ces aides financières ? À l'entreprise, à l'évidence. N'ai-je pas lu, récemment, comme tous les lecteurs de Nice-Matin, à l'occasion d'un conflit entre salariés et actionnaires, que ce journal est en bonne santé financière ?

Je me félicite que l'on maintienne un journal moderne dans notre région qui doit tout faire pour compter ses propres médias. Mais vous ne croyez pas que MM.Estrosi et Ciotti, l'un au gouvernement et à la tête de la Communauté urbaine et l'autre à la présidence du Conseil général, peuvent quand même trouver des sous, quelques dizaines de milliers d'euros pour la maternelle de Villefranche-sur-Mer ou pour les enfants qui sont sensibilisés à l'environnement avec SOS Grand Bleu, s'ils savent trouver des millions pour Nice-Matin, dont le principal actionnaire est installé... en Suisse !

D'ailleurs, interrogez-vous sur l'absence de publication d'appel d'offres du Conseil général et de la Communauté urbaine dans vos colonnes ?

LPN : Mais n'est-ce pas important d'aider la presse, qui remplit une mission de pluralisme des opinions, dans ces temps particulièrement difficiles ?

RV : Tout à fait ! Et c'est bien cela qui me rend furieux. Quand un grand quotidien comme Nice-Matin reçoit des subventions de la part de l'Etat, il en est redevable à tous les contribuables, et donc à ceux du canton de Villefranche-sur-Mer, à ceux qui m'ont élu sénateur de la République et il se doit de respecter leurs votes en faisant état des activités du sénateur Vestri.

Avez-vous lu une seule de mes interventions au Sénat ou au Conseil général dans Nice-Matin ? Pas un seul communiqué, rien. J'ai demandé, et je l'ai fait savoir par communiqués de presse, des dossiers pour les étudier notamment celui du fort de la Revère à Eze. Des dizaines de milliers d'euros dépensés en études dont on refuse de me communiquer les résultats. Même chose pour les Balcons du Mercantour. Je me suis opposé à ce que le Conseil général plaide coupable en tant que personne morale. Cela reviendrait à dire que vous, moi, votre voisine, les agents du Conseil général, bref, tous les contribuables de notre département devront payer des amendes et des dommages et intérêts civils, alors que nous ne sommes coupables de rien ! Avez-vous lu ces prises de position dans Nice-Matin ? Non.

Ce quotidien est en permanence sous pression des exécutifs départementaux et communautaires : « Vous voulez de la pub ? Vous voulez des subventions ? Alors, ne parlez pas de Vestri ». Pourtant, je me suis exprimé sur ce dossier dans l'intérêt de tous. On ne doit pas faire payer à l'ensemble de la population du département une décision revendiquée par Christian Estrosi, l'ancien président du Conseil général. Décision qui s'est révélée malheureuse.

Le boycottage de Nice-Matin

LPN : Votre absence des colonnes de Nice-Matin que vous dénoncez, n'est-ce pas plutôt parce que vous leur avez intenté un procès et que vous l'avez gagné ?

RV : Non. Et j'en veux pour preuve que Nice-Matin parle dans ses colonnes des manifestations de Saint-Jean-Cap-Ferrat : la Nuit Vénitienne, les Festivités de la Saint-Jean, les activités de SOS Grand Bleu. En revanche, rien de mes activités politiques. Quand le maire de Cap d'Ail qui, c'est un choix que je comprends et respecte, même s'il me désole, se présente contre moi aux cantonales de mars prochain, ils en font des tonnes. Je ne suis même plus cité dans des cérémonies publiques officielles auxquelles je me rends dans le canton !

LPN : Revenons aux subventions du Conseil général. D'autres projets en cours méritent-ils d'être soutenus ?

RV : Oui, bien entendu. Par exemple, l'association SOS Grand Bleu, fondation reconnue d'utilité publique que j'ai lancée, n'a plus d'aide du Conseil général. Pourtant, elle accueille les enfants de toutes les écoles du département.

Autre exemple : j'ai consacré ma dotation parlementaire à aider la commune d'Eze à faire l'acquisition de terrains pour une destination qui sera utile non seulement à Eze, mais aussi au département. Nous allons devoir continuer les travaux de confortement des falaises. Nous ne voulons pas que se produisent des accidents comme il y en a du côté de Menton, où des vies humaines ont été perdues.

Et surtout, nous souhaitons que les futurs projets en matière de logement soient aidés. Rappelons que nos communes participent activement aux recettes tant du Conseil général que de la Communauté urbaine de Nice. Il est facile de comprendre que lorsqu'une propriété comme celle de La Léopolda, sur le territoire de Villefranche, est évaluée à 500 millions d'euros, c'est une manne financière considérable qui aurait pu rentrer dans les caisses départementales.

Et, à qui doit-on l'attractivité de notre pays paradisiaque si ce n'est aux choix politiques des maires et des conseils municipaux du canton qui, depuis des années, travaillent à la sécurité, à l'embellissement, à la vie éducative et culturelle de notre pays des trois corniches ? En poussant ce coup de gueule, c'est à eux, à tous ces conseillers municipaux, adjoints et maires, que je pense. Ils assistent impuissants à des dépenses somptuaires dans les grandes collectivités, comme Nice, alors que pour parler des nécessités vitales de leurs communes, on leur refuse même de les prendre au téléphone !

LPN : Une dernière question : votre annonce de candidature aux législatives dans la circonscription d'Eric Ciotti... C'est du bluff ?

RV : Je suis en train de chercher une permanence et je vous annonce d'ores et déjà que j'ai reçu l'accord d'une personnalité exceptionnelle comme suppléante. Mais il faudra que vous patientiez pour en savoir plus...

 

Nota:pizzaiolos est le surnom que l'on donne à l'UMP à nos deux vedettes,vous voyez qui je veux dire! 

 

 

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